LA MARCHE DE FLORA POUR LA SANTÉ MENTALE PÉRINATALE

Le CPMHC tient son premier MARCHE-O-THON national le 4 mai 2022, Journée mondiale de la santé mentale maternelle.

La marche est nommée en l’honneur de 

 Flora Babakhani, une mère canadienne qui a perdu la vie de façon tragique le 14 janvier 2022 en raison d’une psychose postnatale.

LA MARCHE DE FLORA POUR LA SANTÉ MENTALE PÉRINATALE récoltera des fonds pour des organismes locaux qui offrent des services en santé mentale périnatale (organismes de bienfaisance enregistrés), pour la fille de Flora, Amber, pour des bourses de formation en santé mentale périnatale à l’intention de professionnels de la santé, ainsi que pour les frais d’administration et des projets spéciaux du CPMHC.

COMMENT PARTICIPER 

1. Faites simplement 

 UN DON dès maintenant à https://floras-walk-for-perinatal-mental-health.raisely.com

ou

2. INSCRIVEZ-VOUS 

 Commencez à marcher MAINTENANT et affichez vos progrès sur les médias sociaux à l’aide du mot-clic #FlorasWalk4PMH. Fixez une distance et un objectif de collecte, et partagez votre page personnelle de collecte de fonds avec vos amis et votre famille afin qu’ils fassent un don pendant que vous marchez pour atteindre vos objectifs d’ici le 4 mai.

ou

3. DEVENEZ UN RESPONSABLE DE LA MARCHE 

Créez une ÉQUIPE de marcheurs qui se réunira à un lieu convenu le 4 mai. Faites le tour du quartier avec des amis ou organisez un événement de plus grande envergure dans un espace urbain, avec des fournisseurs et des conférenciers.

DE L’AIDE EN TOUT TEMPS 

 Que votre projet soit modeste ou ambitieux, que vous vous inscriviez seul ou en tant que responsable de la marche, le CPMHC est là pour vous aider tout au long du processus! Après votre inscription, vous serez invité à vous joindre à notre groupe Facebook et à prendre part chaque semaine à nos 

 rencontres facultatives sur Zoom pour avoir des réponses à toute question qui fera de votre marche-o-thon une réussite.

COMMANDITE 

Si vous êtes une entreprise cherchant à commanditer notre marche-o-thon, veuillez communiquer avec nous à canpmhc@gmail.com 

Aidez-nous à honorer la mémoire de Flora et à amasser des fonds pour la petite Amber et le CPMHC. Saisissez votre chance de contribuer directement au mouvement visant à améliorer les services en santé mentale périnatale au Canada 

HISTOIRE DE FLORA

Selon Mimi, sa sœur aurait eu des problèmes de santé mentale toute sa vie. À 39 ans, Flora, comptable agréée, a reçu un diagnostic et des médicaments pour un trouble stress post-traumatique découlant d’événements antérieurs. Toutefois, lorsqu’elle a amorcé ses tentatives pour devenir enceinte, elle a cessé de prendre ses médicaments par crainte de nuire à son bébé. Personne ne lui a donné d’indication contraire. 

Flora a donné naissance à Amber par césarienne, à la date prévue du 4 novembre 2021 après 37 semaines de grossesse.

« Flora était tellement heureuse. Elle était aux anges, relate Mimi. Elle nous montrait Amber. Elle nous disait à quel point elle se sentait incroyablement bien. Elle avait du mal à croire qu’elle avait une jolie petite fille en bonne santé. Elle flottait littéralement sur un nuage, au septième ciel, juste heureuse, vraiment très heureuse. »

Les jours suivants, devant l’absence de réponse de Flora à ses appels, Mimi a déduit que sa sœur devait être très occupée par son nouveau rôle de mère. Mais quand Flora a enfin téléphoné à Mimi trois jours plus tard, cette dernière a commencé à s’inquiéter.

« Elle était hystérique, absolument hystérique, se remémore Mimi. Elle était très irritée, vraiment en colère. Elle était passée d’un extrême à l’autre en trois jours à peine. »

C’est à ce moment que Mimi a appris que Flora avait un grave problème d’œdème qui l’obligeait à rester à l’hôpital pour son traitement. Mimi pensait que l’irritation de Flora était due à ses problèmes physiques et espérait que l’état émotionnel de sa sœur s’améliorerait une fois l’œdème sous contrôle.

« Quand j’y repense, je me dis que c’était en grande partie un problème d’ordre mental. Ce n’était pas seulement une question physique. Cela touchait aussi sa santé mentale. Elle n’a indéniablement pas reçu de diagnostic. Elle n’a indéniablement pas pris de médicaments.

Quelques jours plus tard, l’hôpital a renvoyé Flora chez elle avec Amber, mais peu après, une aggravation de son œdème a mené à une nouvelle hospitalisation. Cette fois-ci, elle est restée deux semaines complètes à l’hôpital, sans être en mesure de voir Amber pendant tout ce temps. 

« Nous étions tous en état de panique, commente Mimi. Flora se sentait si seule. Elle n’allait vraiment pas bien, émotionnellement, mentalement et physiquement. »

Flora a enfin pu retourner chez elle et retrouver Amber. Une infirmière la visitait tous les deux jours pour lui administrer des médicaments par intraveineuse, et son état physique a commencé à s’améliorer.

Même si Flora semblait rétablie sur le plan physique, Mimi a remarqué que mentalement, Flora semblait se distancer d’Amber. 

« Elle ne voulait pas changer ses couches et ne voulait plus vraiment la nourrir, poursuit Mimi. Mais durant cette période, Flora n’a jamais exprimé un quelconque sentiment d’irritation pour quoi que ce soit. Notre seul indice était cette forme de désintérêt pour le bébé. »

Les semaines ont passé. Puis, plus de deux mois après avoir donné naissance à Amber et trois jours à peine avant de mourir tragiquement, Flora a soudainement envoyé un message à Mimi à qui elle voulait parler de toute urgence.

Flora a dit à Mimi qu’elle ne pouvait rien lui confier d’autre que le fait que sa vie était foutue et qu’elle irait en prison. Elle a prétendu que des gens la surveillaient, qu’on avait piraté son ordinateur, mis son appartement et son téléphone sur écoute, et qu’elle devrait partir dans très peu de temps.

Elle a dit à Mimi lui avoir transféré des fonds par crainte que quelqu’un pirate son compte de banque.

« Je ne comprenais absolument rien à ce qui se passait, affirme Mimi.  Elle parlait de vol d’identité, alors je lui ai demandé si elle avait fait appel à la police. Elle a prétendu que la police ne serait d’aucune aide. Je n’avais aucune idée de ce qui se passait. » 

Mimi a dit à Flora qu’elle l’appellerait le lendemain pour l’aider à trouver une solution, mais avant qu’elle ait le temps de le faire, elle a reçu un appel de Flora elle-même, le lendemain, s’excusant du comportement qu’elle avait eu la veille au téléphone. Elle l’a rassurée en lui signifiant qu’elle était seulement très fatiguée et de ne pas s’inquiéter, que tout allait bien.

« J’étais abasourdie, confie Mimi. Comment peut-on passer ainsi d’un extrême à l’autre? »

Mimi a continué de demander à Flora si elle était certaine de bien aller, ce à quoi sa sœur réaffirmait n’avoir aucun problème.

« Promis, tout va bien, répétait Flora, je t’aime tellement! »

« Moi aussi, je t’aime », a répondu Mimi. 

Ces mots auront été les derniers qu’elle ait dits à sa sœur.

« Je ne connaissais rien de la psychose postnatale, nous dit Mimi. J’avais seulement entendu parler de la dépression postnatale. »

La psychose postnatale affecte environ une ou deux femmes sur un millier. Il s’agit de la forme la plus rare de tout le spectre des maladies mentales périnatales et d’une urgence médicale qui nécessite des soins immédiats. Les symptômes comprennent, entre autres, la paranoïa, l’hyperactivité, des sautes d’humeur rapides et des hallucinations ou des perceptions étranges.

Mimi a parlé avec sa mère, qui lui a dit qu’elle, le père des deux sœurs et quelques amis avaient remarqué l’étrange comportement de Flora durant la semaine et qu’ils avaient tenté de lui trouver de l’aide. Ils ont essayé de l’inscrire à un programme en santé mentale périnatale, mais Flora a refusé de consulter un professionnel de la santé parce qu’elle avait peur de se faire enlever Amber. La famille de Flora avait réussi à parler à un médecin au téléphone, le jeudi, et à prendre rendez-vous pour que Flora le consulte en personne le lundi suivant. 

Le vendredi, soit le jour suivant l’appel téléphonique au médecin par sa famille, Flora se donnait la mort. Ce drame est survenu le 14 janvier 2022, 2 mois et 10 jours après que Flora ait donné naissance à Amber.

« Il s’en fallait de si peu avant qu’elle obtienne de l’aide, nous indique Mimi. Je pense qu’elle n’a jamais fait l’objet d’une évaluation en bonne et due forme. Et je suis également stupéfaite parce qu’au moment où elle m’a téléphoné de l’hôpital, trois jours plus tard, elle était hystérique, et entourée de médecins et d’infirmières. J’ai simplement pensé, eh bien, tout le monde évalue sa santé physique, pourquoi donc ne pas avoir vérifié sa santé mentale? Cela devrait faire partie du processus. »

« J’ai l’impression que le système ne lui accorde pas (à la maladie mentale périnatale) autant d’importance qu’il le devrait, souligne Mimi. Ce n’est qu’après cette tragédie que j’ai pris conscience du nombre de femmes qui traversent cette épreuve. Il est important de sensibiliser davantage la population. »

Lorsque le Collectif canadien pour la santé mentale périnatale a appris le drame de Flora, les membres ont eu le cœur brisé et promis de venir en aide à sa famille en veillant à poursuivre leurs efforts pour améliorer les soins en santé mentale périnatale au Canada. 

La « Marche de Flora pour la santé mentale périnatale » nous permettra de récolter des fonds pour la petite Amber, que Mimi a adoptée alors qu’elle-même doit accoucher en avril, et pour que le CPMHC poursuive son travail de mobilisation et de sensibilisation.

Vous pouvez faire un don et vous inscrire en tant que marcheur en solo ou responsable de la marche. Commencez à marcher maintenant ou organisez une marche en groupe qui se tiendra le 4 mai 2022, Journée mondiale de la santé mentale maternelle.

« Le 4 mai a toujours été une journée privilégiée pour ma sœur, ma mère et moi, aussi étrange que cela puisse paraître. Aucune de nous n’aimait la série Star Wars, mais nous nous envoyions entre nous des messages et des mèmes le 4 mai pour nous amuser avec la phrase célèbre des films “que la force soit avec toi” (note du traducteur : jeu de mots impossible à traduire. En anglais “may the force be with you” devient ici “may the fourth be with you”).  La journée du 4 mai risque d’être difficile, cette année, sans ma sœur. Nous adorons cette date, ce qui rend extraordinaire qu’on l’ait retenue pour tenir cette marche. »

« Flora serait tellement fière de récolter des fonds pour les autres, parce qu’elle était comme ça, ma sœur. Elle aurait apprécié que vous le fassiez à sa mémoire », conclut Mimi.